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BIO

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Crédit Photo: Candice KURTZ, 2014.

Démarche artistique

S’aventurer au milieu d’un terrain miné, retomber en enfance à travers le miroir, éclater son reflet en mille morceaux, multiplier son image à l’infini jusqu’à ressentir un certain vertige, dessiner une personne sans regarder sa feuille…Autant d’expériences sensorielles et intellectuelles que je cherche à offrir aux spectateurs, afin de peut-être renverser leur point de vue habituel et de perturber leur perception.

Mes propositions plastiques induisent différentes questions que je désire partager avec les spectateurs : Qu’est-ce qu’un repère ? Peut-on vivre sans ? Comment interagissons-nous avec notre environnement quotidien ? Pouvons-nous nous éloigner de notre perception telle qu’elle a été façonnée par nos origines et influences culturelles et historiques ?

Marina Krüger

Biographie par Kiki DeGonzag

Née en 1984 en Alsace, Marina Krüger est une artiste à la géographie vallonnée, duelle et passionnée. Elle chemine à travers les rencontres protéiformes et les expériences mouvantes qu’elles soient charnelles ou intellectuelles. L’artiste a vécu aux Etats-Unis, en Australie, a parcouru des livres, des histoires de vie, des frontières. Amoureuse inconditionnelle de la Femme et ébranlée au quotidien par la violence du monde, l’artiste déconstruit pour reconstruire, brise pour cicatriser. La douceur et la révolte cohabitent dans sa recherche plastique comme dans son rapport à l’autre. Diplômée de la HEAR Mulhouse en 2009, elle tisse en permanence des liens entre son travail de médiation, d’intervenante auprès des publics et de recherche et production artistique. Installations, mosaïque, photographie, édition, Marina Krüger est une artiste indépendante, ingénieuse dont l’œuvre se déploie avec rigueur et fièvre, précision et ivresse.

 

Marina Krüger, artiste insoumise

RencontreS : Il y a des artistes qui bossent dans des supermarchés, d’autres enseignent, animent, font la plonge. Parce qu’il est difficilement envisageable actuellement de « vivre » de son travail de production artistique. Mais la relation, la rencontre, la confrontation à l’altérité, à l’étrangeté du quotidien, l’expérience de la réalité ordinaire, tout cela ne fait-il pas « œuvre » pour l’artiste qui, comme Marina Krüger, vit son art depuis toujours comme la présence évidente d’un organe vital ? Son travail de médiation, qu’elle aborde depuis de nombreuses années à travers des milieux et auprès de publics aussi différents les uns des autres, vient nourrir non seulement sa pratique, mais agit également sur ses perspectives sensorielles et son appréhension du monde. Parce que nous sommes des êtres multiples et singuliers, morcelés et recollés.

VoyageS : Se retrouver face à ses doutes, ses peurs, ses fragilités, son incompréhension du monde, vivre l’expérience de l’étranger, les obstacles du migrant, rencontrer l’autre à travers son histoire singulière et découvrir son univers, est une obsession pour l’artiste qui voyage régulièrement par pur besoin essentiel de rencontrer, de déplacer son point de vue, de se bousculer en permanence. Être nomade en cherchant sa place, voilà la sublime contradiction qui semblerait caractériser la femme et l’artiste.

Enfance : « Toi, tu seras artiste. » C’est à partir de cette affirmation exprimée par son grand-père paternel dont elle adopte le patronyme, que Marina Krüger sera convaincue très jeune de la voie à prendre. Il lui a simplement permis d’y croire. Le reste s’est imposé naturellement mais pas sans violence. Ce que l’on retrouve d’ailleurs dans tout son travail de création plastique et de recherche conceptuelle. Une seconde anecdote, quelques années plus tard, viendra d’ailleurs consolider l’engagement de l’artiste : l’installation « Flying Rats » de Kader Attia lors de la Biennale de Lyon en 2005. Répugnée et heurtée par l’œuvre mettant en scène des pigeons vivants en train de dévorer des enfants en tissu rembourrés de graines au milieu de la reproduction d’une cour de récréation, Marina Krüger a réalisé qu’en art, on a le droit de tout dire. On a le droit d’évoquer le traumatisme de l’enfance, mythe fondateur pour l’artiste qui invite, en retour, le spectateur à exprimer son propre rapport à l’œuvre.

Déconstruction, Reconstruction, Installations : Quand Marina raconte, c’est une œuvre cinématographique qui défile devant nos yeux. Les images apparaissent au fil des mots, des anecdotes. Une image fixe : celle des tessons de la bouteille de vin rouge éclatée dans la cuisine lors d’une dispute entre ses parents. Puis, le portrait recomposé intitulé « Papa », mosaïque de verre cassé. « Kaléidoscope » est ce qu’elle nomme le point zéro de cette démarche artistique inspirée du souvenir d’enfance. Elle évoque ainsi l’expérience sensible, la trace mnésique et interroge nos capacités à transformer le trauma, à déconstruire pour reconstruire autrement. Pour Marina Krüger, les installations se révèlent être le medium le plus à même d’offrir au public une possibilité de réagir et de vivre une expérience mettant en jeu la perception sensible.

Emotions, réactions, sensations : Ce sont les histoires que lui racontait sa grand-mère maternelle qui semblent avoir créé chez l’artiste ce principe d’empathie particulièrement présent dans sa manière d’entrer en relation au monde et d’envisager sa pratique artistique. Les histoires effrayantes de sa grand-mère n’étaient pas enrobées par les filtres généralement destinés aux enfants et cette manière de parler crument des réalités de la vie, d’évoquer la violence de celle-ci, Marina en redemandait.

Femmes : L’artiste porte une admiration sans borne aux femmes. De ce premier modèle, incarné par sa grand-mère, émane une forme de force indicible. Elle voit une femme qui s’est construite toute seule. C’est sans doute à partir de cet instant que Marina Krüger décide qu’elle ne dépendra de personne. Nombreuses sont ses références féminines, du corps brisé de Frida Kahlo, aux écrits engagés de Duras et Sagan, l’artiste récuse l’indifférence : le plus douloureux, pour une œuvre, est de passer à côté sans ressentir la moindre émotion, qu’il s’agisse de répulsion ou de ravissement, il faut qu’il se passe quelque chose. Elle se met d’ailleurs elle-même en situation d’ébranlement, ne serait-ce qu’à travers les lectures et la cinématographie « trash » et dépose un regard attentif sur toute figure marginalisée.

Indignez-vous ! : Marina Krüger est une artiste révoltée. Sous la douceur apparente, son travail dévoile quelque chose de l’ordre de la dualité substantielle et de la remise en question permanente de ses incompréhensions. Nous ne pouvons pas tout expliquer et laisser un espace vacant au cœur de l’œuvre invite le public à y construire sa propre histoire. Racisme, sexisme, homophobie, ses indignations, elle les sublime en dénonçant la banalisation du rejet des « minorités marginales ».

Marina Krüger est une artiste funambule qui réussit avec justesse et humilité à appréhender l’ambivalence essentielle, la dualité de nos existences. Son travail nous propose un lieu hostile et bienveillant dans lequel nous avons tous la possibilité de « recoller les morceaux ».

Kiki DeGonzag

 


Marina Krüger, dangereuse poupée par amihebdo, interview vidéo réalisé en 2012.

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L’édition « Fragments » a été réalisée à l’occasion de ma 5ème année à L’école du Quai à Mulhouse. L’écriture d’un mémoire fût prétexte pour moi à rassembler dans ce petit livre d’artiste toutes les références, notions et thématiques qui peuplent  et nourrissent mon univers plastique.

« A travers ce lexique de termes spécifiques, expliqués et/ou illustrés, le spectateur a la possibilité de mieux appréhender mon travail. Le but de ce mémoire est en effet de lui donner des pistes pour cerner ma pratique et ses origines. Etant donné la multiplicité et « l’éparpillement » que représentent mes intérêts et références, je l’ai nommé « Fragments ». » (extrait de mon oral au DNSEP, 2009.)

Marina Krüger.